La société AURYS, située à Carentan (50), filiale du groupe SAINT GOBAIN.
La société AURYS, située à Carentan (50), est filiale du groupe SAINT GOBAIN. Elle est spécialisée dans le revêtement et la décoration de verre plat (miroirs, glaces).
Le site comprend un atelier d’application de laques et vernis et un atelier de sérigraphie.
Les laques, vernis et encres utilisés sont des produits solvantés dont l’application engendre des émissions atmosphériques de Composés Organiques Volatils (COV), qui sont nuisibles pour l’environnement.
Pour connaître sa situation par rapport à la réglementation (arrêté du 2 février 1998), la société AURYS s’engage en 2004, dans un diagnostic des émissions COV financé par L’ADEME.
Cette étude est réalisée par un ingénieur expert indépendant Christine Delahaye, signataire de la charte des intervenants de l’ADEME garantissant ainsi le respect des règles de déontologie.
Le bilan solvants (Plan de Gestion des Solvants-PGS) a été établi pour l’année 2003 et les émissions totales ont été évaluées à environ 232 tonnes.
L’atelier de laquage/vernissage génère à lui seul environ 209 tonnes de COV, soit 90 % des émissions totales du site.
Une campagne de mesures de débits et de concentration en COV totaux dans les émissions canalisées a été effectuée dans le cadre de cette étude.
Les mesures réalisées montrent que les concentrations en COV totaux dépassent les valeurs limites prescrites par l’arrêté ministériel 2 février 1998 modifié par l’arrêté ministériel 29 mai 2000 pour 10 émissaires, représentant un débit de 18000 Nm3/h.
Les mesures ont permis d’autre part, de montrer que la ligne principale de vernissage est responsable de 98 % des émissions de l’atelier laquage/vernissage.
Pour répondre aux exigences de la réglementation définies par l’arrêté ministériel 2 février 1998 modifié par l’arrêté ministériel 29 mai 2000, l’exploitant a deux possibilités :
Respecter les valeurs limites d’émissions (VLE) canalisées et diffuses de l’arrêté ministériel du 2 février 1998 modifié, à savoir une concentration limite en COV non méthanique dans les rejets canalisés, exprimée en carbone total, de 50 mg/Nm3 pour le séchage et de 75 mg/Nm3 pour l’application ET un flux annuel d’émissions diffuses inférieur à 20% de la quantité de solvants utilisée.
Mettre en place d’un schéma de maîtrise des émissions (SME), qui permet de s’affranchir des valeurs limites d’émissions canalisées tout en respectant un seuil global d’émissions (appelé Emission Annuelle Cible-EAC). L’étude a montré que si l’exploitant choisissait la mise en œuvre d’un schéma de maîtrise des émissions (SME), il devra ramener ses émissions totales à environ 138 tonnes (à production constante).
Les possibilités de réduction des rejets à la sources telles que l’utilisation des produits à haut extrait sec (HES) ont été investiguées. Toutefois, il a été démontré que la réduction afférente serait insuffisante à la fois pour ramener les concentrations en COV en dessous des seuils limites dans la cadre de l’option respect des valeurs limites d’émissions ou pour atteindre l’émission annuelle cible dans le cadre de la mise en œuvre d’un schéma de maîtrise des émissions.
Dans ces conditions, l’exploitant n’avait pas d’autre alternative que le traitement partiel ou total des émissions canalisées.
Dans le cadre de la première hypothèse (option VLE), afin de respecter les valeurs limites d’émissions canalisées, il a été montré que l’exploitant devait mettre en œuvre un épurateur pour l’ensemble des extractions dont les concentrations dépassent les seuils limites soit un débit à traiter d’environ 18000 Nm3/h.
Or certains équipements générant des concentrations COV supérieures aux valeurs limites d’émissions fonctionnent très peu (quelques heures par jour) et/ou représentent des flux d’émissions très faibles.
L’impact d’un traitement des émissions issues de ces matériels serait très faible en terme de réduction des émissions tout en représentant un coût important pour l’exploitant.
Dans le cas de la mise en œuvre d’un SME, l’exploitant peut mettre en place un traitement partiel des émissions canalisées qui lui permettra d’atteindre l’émission annuelle cible (EAC).
L’étude a démontré qu’en installant un épurateur pour abattre les émissions canalisées de la ligne principale de vernissage seule, la réduction des émissions serait suffisante pour atteindre l’objectif de réduction des rejets COV fixé par le schéma de maîtrise des émissions qui est d’environ 100 tonnes.
Dans ces conditions, l’épurateur a une capacité de traitement d’environ 11000 Nm³/h soit 1.6 plus faible que celle de l’équipement nécessaire pour être conforme dans le cas de l’option VLE.
Le coût d’investissement correspondant est réduit d’environ 40%.
A l’issue de cette phase de diagnostic, l’exploitant a sollicité l’ADEME pour le financement de l’investissement.
Christine Delahaye a été missionnée pour rédiger le dossier de demande d’aide à l’investissement à l’ADEME qui a octroyé à la société AURYS une subvention d’environ 15000 euros.
L’épurateur a été commandé en décembre 2004 et mis en fonctionnement en novembre 05. Le rendement d’épuration est d’environ 99% et la quantité de rejets évitée est d’environ 160 tonnes (à production constante base 2003).
En mars 2006, la société AURYS assisté de Christine Delahaye a présenté à la DRIRE un Plan de Gestion de Solvants (PGS) prévisionnel pour l’année 2006 prenant en compte l’abattement des rejets par l’épurateur. Celui ci- a été approuvé par la DRIRE qui a conclu à la conformité du site.
Fournisseur de l’installation de traitement régénératif