Energie et Environnement : lorsque les préoccupations environnementales rejoignent celles des économies d’énergie.

 Ce retour d’expérience concerne une société spécialisée dans la fabrication de gants à haute technicité produits à base de caoutchouc, destinés aux industries nucléaires, de la collecte des déchets pharmaceutiques etc.Le site comprend plusieurs lignes de dissolution de caoutchouc dans des solvants organiques. L’évaporation de ces solvants au cours du process de fabrication génère des émissions atmosphériques de Composés Organiques Volatils (COV), qui sont nuisibles pour l’environnement.

En 1990, l’exploitant s’est donc équipé d’un épurateur thermique récupératif (incinérateur) pour abattre les émissions canalisées de Composés Organiques Volatils COV des deux lignes existant à cette époque.

Depuis 1990, le site s’est considérablement développé devenant un des leaders mondiaux dans son domaine : de nouvelles installations de production ont été mises en œuvre, sans dépollution des rejets de Composés Organiques Volatils COV canalisés.

Investie dans une politique de Développement Durable, pour connaître sa situation par rapport à la réglementation (arrêté du 2 février 1998), la société s’est engagée en 2005 dans un diagnostic des émissions de Composés Organiques Volatils COV financé par L’ADEME.

Cette étude a été réalisée par Christine Delahaye, ingénieur expert indépendant, signataire de la charte Energie-Environnement de l’ADEME garantissant ainsi le respect des règles de déontologie.

Le Plan de Gestion des Solvants (PGS) a été réalisé et les émissions de Composés Organiques Volatils COV quantifiées.

Le contexte réglementaire a été étudié de manière détaillée et la comparaison entre les deux options réglementaires de l’arrêté du 2 février 1998 (respect des Valeurs Limites d’EmissionsVLE– ou mise en place d’un Schéma de Maîtrise des EmissionsSME-) a été effectuée.

L’exploitant possédant un process très complexe et une avance technologique importante, celui-ci ne souhaite pas apporter de modifications sur le process qui permettraient de réduire les émissions de Composés Organiques Volatils COV à la source. La seule alternative permettant donc de mettre le site en conformité est la mise en place d’un traitement des émissions canalisées sur les nouvelles lignes.

L’épurateur thermique récupératif (incinérateur) au fioul existant étant déjà ancien et très énergivore (l’autothermie avec cette technologie est atteinte pour des concentrations en Composés Organiques Volatils COV de l’ordre de 6 à 8 g/Nm3), il a été décidé de le remplacer par un système de dépollution plus économe en consommation d’énergie et de plus grande capacité pour traiter l’ensemble des émissions canalisées.

Simultanément, des besoins de chauffage complémentaires des bâtiments accueillant les nouvelles installations sont apparus. En effet, pour stabiliser son process, l’exploitant doit chauffer ses ateliers à environ 25°C de novembre à mai.

Une récupération complémentaire d’énergie sur l’air épuré a donc été envisagée pour chauffer les locaux en substitution du chauffage électrique à accumulation existant.

Cette étude particulière réalisée par Christine Delahaye a été financée à 50% par l’ADEME (étude de faisabilité). L’analyse approfondie a montré que la récupération de chaleur ne s’avère pas économiquement intéressante.

En effet, les économies d’énergies évaluées à environ 432 000 kWh par an pour un gain annuel d’environ 26 Keuros, ne permettent pas d’amortir le coût d’investissement pour la mise en place d’un échangeur secondaire pour la récupération d’énergie et des moyens de chauffage afférents.

Par contre, la comparaison de différentes alternatives technologiques a montré que la solution la plus économe consistait à remplacer l’épurateur thermique récupératif existant par un équipement thermique régénératif gaz (autotherme avec des concentrations en Composés Organiques Volatils COV de l’ordre de 2 à 3 g/Nm3), permettant la dépollution des émissions canalisées de COV de l’ensemble des installations et de chauffer les bâtiments de production avec des pompes à chaleur (PAC).

Globalement par la mise en œuvre de ces deux alternatives technologiques, le gain financier pour l’exploitant sera d’environ 32 Keuros/an (calculé avec un coût des énergies constant, base année 2007).

La diminution globale des émissions de CO2 (gaz carbonique) du site sera d’environ 157 tonnes/an.

Enfin grâce aux économies d’énergie réalisées, l’exploitant sera éligible au dispositif des Certificats d’Economies d’Energie (CEE exprimé en kWh Cumac). Il pourra obtenir ces CEE soit par l’intermédiaire d’un fournisseur d’énergie (gaz, électricité, fioul) obligé par la réglementation de réaliser des économies d’énergie, soit en déposant directement un dossier en DRIRE.

Pour la mise en place des deux pompes à chaleur (PAC) dont la durée de vie est estimée à environ 20 ans, la quantité d’énergie économisée est 2 477 000 kWh Cumac.

Ces Certificats d’Economies d’Energie CEE ont une valeur qui peut être estimée entre 12 400 et 24 800 euros et qui constitueront une recette pour l’exploitant.

En conclusion : cette réalisation permettra à la fois d’être conforme à l’arrêté du 2 février 1998, de préserver l’environnement par la dépollution des rejets gazeux (en éliminant les  rejets de Composés Organiques Volatils COV) et en diminuant les émissions de CO2 et enfin de réaliser des économies d’énergie qui rendront à terme l’investissement dans ce nouvel épurateur thermique (incinérateur) économiquement rentable.

Pour en savoir plus sur cet article, contacter Christine Delahaye :

Téléphone : 01 48 77 78 90

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Pour en savoir plus :

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Pour en savoir plus sur les Certificats d’Economies d’Energie CEE :

http://www.industrie.gouv.fr/energie/developp/econo/cee-clics.htm

 Installateur des pompes à chaleur (PAC):

http://www.safnor.fr/