Les odeurs liées aux émissions de Composés Organiques Volatils COV et leur traitement

Le retour d’expérience présenté concerne une société de l’industrie agroalimentaire, fabriquant des produits chocolatés. Deux problématiques sont liées : celle des odeurs qui incommodent le voisinage et celle des émissions de Composés Organiques Volatils COV pour lesquelles l’exploitant doit respecter les valeurs limites d’émissions (VLE) de l’arrêté ministériel du 2 février 1998 ou une émission annuelle cible (EAC) dans le cadre d’un Schéma de Maîtrise des Emissions (SME).

Les nuisances odorantes et les pollutions atmosphériques (émissions de Composés Organiques Volatils COV) ne sont pas générées comme dans la plupart des secteurs industriels par l’utilisation de solvants. Elles sont dues à la nature de la matière première utilisée, dans notre cas des fèves de cacao qui sont transformées au cours de différents process (broyage, torréfaction etc.) pour aboutir à des produits alimentaires.

  photo-cacao

Dans ces conditions, la réalisation d’un plan de gestion des solvants (PGS) est sans objet. Cependant, il est possible et nécessaire de réaliser un bilan des rejets de Composés Organiques Volatils COV de manière à se positionner par rapport à l’arrêté ministériel du 2 février 1998 et à traiter efficacement les odeurs.

Dans le cadre de l’arrêté ministériel du 2 février 1998 et dans l’option réglementaire du respect des valeurs limites d’émissions (VLE), la mesure des concentrations en Composés Organiques Volatils COV dans les émissions canalisées, pour se positionner par rapport à la valeur limite canalisée (VLE), ne présente pas de problème particulier.

En revanche afin de régler au mieux la problématique des odeurs, la connaissance des molécules responsables de ces nuisances odorantes est déterminante.

La difficulté dans ce cas réside dans le fait que les odeurs et les émissions de Composés Organiques Volatils COV ne sont pas dues à des solvants achetés et connus. Il faut donc identifier les molécules contenues dans les fêtes de cacao qui sont libérées tout au long de la transformation des fêtes de cacao.

Des mesures par chromatographie et spectrométrie de masse permettent de séparer les différentes molécules, de les identifier et de les quantifier.

Ces analyses permettent à la fois de déterminer les principales molécules responsables des odeurs. Réalisées simultanément aux mesures de COV totaux, elles  permettent aussi de boucler le bilan massique des émissions canalisées de Composés Organiques Volatils COV.

Les nuisances odorantes sont aussi dues à des émissions diffuses. Il faut donc les quantifier et les comparer à la quantité d’émissions canalisées afin de vérifier si elles sont faibles ou importantes par rapport aux rejets canalisés.

En effet, la mise en place d’un traitement des émissions canalisées de Composés Organiques Volatils COV permet d’atteindre la conformité réglementaire pour les émissions canalisées de COV dans l’option réglementaire du respect des valeurs limites d’émissions (VLE) mais peut s’avérer insuffisante pour régler la problématique odeurs si les émissions diffuses non traitées sont majoritaires.

De plus, dans le cadre de l’arrêté ministériel du 2 février 1998 et dans l’option réglementaire du respect des valeurs limites d’émissions (VLE), les émissions diffuses doivent respecter une valeur limite définie par l’arrêté préfectoral d’exploitation.

Nous avons évoqué ci-dessus les aspects quantification des émissions à la fois canalisées et diffuses et le positionnement par rapport aux valeurs limites d’émissions canalisées et diffuses (VLE) l’arrêté ministériel du 2 février 1998.

Il ne faut pas omettre d’étudier aussi la possibilité de mettre en place un Schéma de Maîtrise des Emissions (SME) qui permet de ne traiter que les sources d’émissions de Composés Organiques Volatils COV majoritaires. Dans notre cas, nous avons déterminé que la dépollution et le traitement d’une seule extraction permettra de réduire les émissions totales de Composés Organiques Volatils COV du site d’environ 70%. L’impact sur les odeurs sera important et sera donc réévalué après la mise en place de l’équipement de traitement des émissions canalisées.

Oxydeur régénératif installé par l'exploitant

Oxydeur régénératif installé par l'exploitant

 

Electrofiltre pour capter les acides gras

Electrofiltre pour capter les acides gras

La méthodologie que nous avons décrite ci-dessus est aussi applicable à des installations industrielles telles les stations d’épuration, les unités de compostage, aux activités de trituration de graines (pour fabriquer des huiles, des biocarburants), de salaison (poissons, charcuteries) etc.

Contacts utiles :

Fournisseur de l’installation de traitement régénératif : DURR

http://www.durr-france.com/fr/

Ont participé à cette étude pour les mesures de Composés Organiques Volatils COV et d’odeurs :

Cap Environnement : www.cap-environnement.com

SGS : www.fr.sgs.com

Quad Lab : www.quad-lab.fr

Pour en savoir plus :

Autres articles en rapport avec ce thème :

http://www.depollution.org/2012/07/09/traitement-dodeurs-liees-a-des-emissions-de-composes-organiques-volatils-cov/#more-510

Pour en savoir plus sur cet article, contacter Christine Delahaye :

Téléphone : 01 48 77 78 90

Si vous souhaitez laisser un commentaire. If you wish to leave a message or advice : Mail : christine.delahaye-itg@wanadoo.fr