Conférences Bilan Carbone
Actualité Bilan Carbone : l’UIMM a récemment organisé au sein du Club des Ardennes et du Club de la Marne, deux journées d’information dont le thème principal était le Bilan Carbone.
Ces conférences présentées par Christine Delahaye ont eu lieu le 28 février à Haute Rivière (Ardennes) et le 11 mars à Dizy (Marne).
L’intitulé de la conférence sujet était « Le Bilan Carbone : modalités de réalisation et bénéfices pour l’entreprise ».
Chaque intervention a accueilli une trentaine de Responsables Environnement et/ou Sécurité. Lire la suite »
Bilan Carbone
Selon les données soumises au Secrétariat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) par les pays signataires de la convention, les 40 pays les plus industrialisés ont encore augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2005. Ainsi à cette date, leurs émissions ont atteint 18,2 milliards de tonnes. Cette tendance à la hausse observée depuis plusieurs années va de paire avec la croissance continue de plusieurs pays, et pourrait remettre en cause la réussite des objectifs fixés par le protocole de Kyoto (objectif global de réduction des émissions de GES de 5% par rapport à 1990 à réaliser sur la période 2008-2012). Selon les chiffres qui viennent d’être publiés, cette réduction atteint 2,8% en 2005.
Il reste donc de nombreux efforts à faire afin d’atteindre -5% en 2012. De plus, les connaissances désormais disponibles sur le fonctionnement du climat permettent de conclure que les émissions mondiales de CO2 d’origine fossile doivent être divisées par deux - d’ici 2050 - pour que ce gaz cesse de s’accumuler dans l’atmosphère.
Dans une logique de développement durable où tout humain a droit au même potentiel d’émissions, cela suppose une réduction par quatre des émissions françaises - d’où le scénario « facteur 4 » annoncé par la France (diminution de 75% de nos émissions de CO2). Comme pour agir, il faut connaître, la méthode Bilan Carbone® permet d’évaluer, en ordre de grandeur, les émissions de gaz à effet de serre répertoriés par le protocole de Kyoto, aussi bien celles produites directement par l’activité de production de l’entreprise, que celles produites indirectement.
Qu’est ce que le Bilan Carbone®
Le Bilan Carbone® permet d’évaluer, en ordre de grandeur, les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l’ensemble des processus physiques qui sont nécessaires à l’existence d’une activité ou organisation humaine, dès lors qu’il est possible de lui assigner des frontières claires.L’un des points fondamentaux de la méthode consiste à mettre sur un pied d’égalité les émissions de gaz à effet de serre qui prennent directement place au sein de l’entité (qui sont, d’une certaine manière, de sa responsabilité juridique ou territoriale directe) avec les émissions qui prennent place à l’extérieur de cette entité, mais qui sont la contrepartie de processus nécessaires à l’existence de l’activité ou de l’organisation sous sa forme actuelle.
Dans cette deuxième catégorie, on trouvera par exemple les émissions d’un camion affrété par une entreprise alors qu’il ne lui appartient pas.

L’une des conséquences de la prise en compte, par la méthode, des émissions directes et indirectes est une indifférence totale à la localisation des émissions de gaz à effet de serre analysées. Ce choix se justifie par les très longues durées de résidence dans l’atmosphère des gaz en question une fois émis (voir ci-dessous). Cette comptabilisation simultanée des émissions internes et externes amène inévitablement la question de la responsabilité : faut-il se considérer comme « responsable » de toutes les émissions prises en compte dans le Bilan Carbone® ?
En fait, le degré de responsabilité s’appréciera au cas par cas, en fonction des émissions considérées, du contexte d’ensemble, et, fatalement, de ses propres critères. L’inscription d’émissions dans un Bilan Carbone® signifie simplement que l’entité tire un bénéfice du processus situé chez autrui ou chez elle et qui a engendré des émissions. Pour l’essentiel des exploitations faites avec le résultat, la question de la responsabilité peut rester en suspens sans que cela ne nuise à l’analyse.
Méthodologie
1. Gaz à effet de serre retenusLes gaz à effet de serre qui sont comptabilisés sont essentiellement ceux qui sont repris dans le cadre du protocole de Kyoto (initiative internationale phare en matière de réduction des gaz à effet de serre) :
- le gaz carbonique (CO2) d’origine fossile
Durée de résidence dans l’atmosphère est de l’ordre du siècle - le méthane (CH4)
Durée de résidence dans l’atmosphère est de l’ordre de la décennie - l’oxyde nitreux (N2O)
Durée de résidence dans l’atmosphère est de l’ordre du Siècle - les hydrofluorocarbures (CnHmFp)
Durée de résidence dans l’atmosphère s’échelonne de quelques semaines à quelques siècles - les perfluorocarbures (CnF2n+2)
Durée de résidence dans l’atmosphère est de l’ordre de quelques siècles à plusieurs dizaines de millénaires - l’hexafluorure de soufre (SF6)
Durée de résidence dans l’atmosphère est de quelques milliers d’années
2. Principe du facteur d’émission
Dans la très grande majorité des cas, il n’est pas envisageable de mesurer directement les émissions de gaz à effet de serre résultant d’une action donnée. La seule manière d’estimer ces émissions est alors de les obtenir par le calcul, à partir de données dites d’activité : nombre de camions qui roulent et distance parcourue, nombre de tonnes d’acier achetées, etc. La méthode Bilan Carbone® a été mise au point pour permettre de convertir, ces données d’activités en émissions estimées. Les chiffres qui permettent de convertir les données observables dans l’entité en émissions de gaz à effet de serre, exprimées en équivalent carbone, sont appelés des facteurs d’émission.

3. Résultats obtenus
- Quantification des émissions
Comme l’essentiel de la démarche est basé sur des facteurs d’émission moyens, cette méthode a pour vocation première de fournir des ordres de grandeur, ce qui ne constitue pas un obstacle à la finalité de la méthode Bilan Carbone®, qui se veut avant tout un outil pour définir des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour enclencher puis évaluer l’action, il suffira de disposer d’une hiérarchie des émissions et d’ordres de grandeur pour ces dernières, une évaluation à 20% étant suffisante.

- Simulation impact variations économiques
Grâce à la connaissance des émissions et par l’intermédiaire d’un module de monétarisation, il est ensuite possible d’établir une simulation économique liée à la hausse du prix des hydrocarbures. Cette simulation peut prendre en compte de multiples hypothèses comme le prix du baril de pétrole et le taux de conversion dollar-euro. L’objectif est de disposer d’un ordre de grandeur de surcoût lié à la hausse des hydrocarbures. Pour chaque poste, on connaît ainsi la contrepartie « chiffrée » d’une hausse du prix des hydrocarbures.

Cette même anticipation économique est réalisable dans l’hypothèse d’une fiscalité (taxes ou quotas) sur les émissions de gaz à effet de serre.
Bénéfices résultant de la mise en oeuvre
Le premier bénéfice retiré de la méthode est de disposer d’une radiographie de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre pour une activité, un site et donc d’une mise en évidence de l’ensemble des postes sur lesquels il est possible de jouer ensuite pour faire baisser son impact global sur le changement climatique.
Puisque le lieu des émissions est sans influence en ce qui concerne leur effet sur le climat, parvenir à obtenir une réduction directement chez soi, ou la provoquer « ailleurs » comme conséquence d’une décision propre (exemple : décider de changer de transporteur pour bénéficier de camions plus économes en carburant) procurera un même effet sur les émissions globales du système.
Dans le cadre du scénario « facteur 4 » annoncé par la France (réduction de 75% de nos émissions d’ici à 2050), une activité réellement durable doit s’inscrire dans le respect de cette contrainte.
De plus, les connaissances disponibles sur les ressources en hydrocarbures laissent penser que, si une division des émissions mondiales de CO2 fossile n’est pas atteinte volontairement, elle le sera involontairement.
Ces éléments nous amènent à de nombreuses questions sur le fonctionnement actuel de toute organisation (entreprise ou collectivité) et le Bilan Carbone® est une première étape utile pour se projeter dans cet avenir contraint.
Le Bilan Carbone® permet de répondre aux questions suivantes :
- Quel est l’impact de mon activité sur l’environnement ?
- Quelle est ma dépendance vis-à-vis des énergies fossiles ?
- Quelle est ma vulnérabilité face aux fluctuations du prix de l’énergie et à une taxation des émissions de gaz à effet de serre ?
- Mon activité est-elle pérenne au regard de la raréfaction des énergies fossiles ?
- En quoi puis-je agir sur le court et moyen terme pour réduire ma dépendance énergétique et mon impact sur l’environnement?
Il sera utilisé pour :
- modifier la stratégie de l’activité afin de la rendre progressivement moins émettrice de gaz à effet de serre,
- anticiper l’impact d’une augmentation du prix des énergies fossiles sur les résultats financiers de l’entreprise,
- modifier la stratégie de l’activité afin de la rendre progressivement moins dépendantes des énergies fossiles (pénurie),
- anticiper l’impact de l’instauration d’une taxe carbone sur les résultats financiers de l’entreprise,
- réduire ses factures d’énergie,
- se préparer à une augmentation des obligations règlementaires en la matière,
- demander aux fournisseurs de faire leur Bilan Carbone® pour les choisir en fonction de leurs performances en la matière (ce qui est de toute façon un moyen pour se couvrir contre les hausses futures des combustibles fossiles ou la taxation vraisemblable des émissions),
- inclure un objectif de réduction dans un système de management environnemental (y compris ISO ou EMAS),
- calculer, pour les entreprises qui y seront soumises, leurs émissions dans le cadre de la Directive “permis”,
- publier le montant des émissions, volontairement (rapport environnement) ou dans le cadre d’obligations ou d’engagements,
- communiquer sur cet engagement auprès de consommateurs que l’on sait de plus en plus sensibles aux questions environnementales,
- se différentier de concurrents moins précautionneux
Enfin, l’entreprise pourra, si elle souhaite être « solidaire », - décider de « compenser » les émissions incompressibles par le financement d’actions environnementales dans les pays en voie de développement.
« Bilan Carbone® » est une marque déposée de l’ADEME.
Audit énergie
L’efficacité énergétique et la réduction des coûts opérationnels sont des enjeux majeurs dans une industrie du traitements des surfaces très concurrentielle. L’électricité (marché dérégulé) et le gaz ont augmenté respectivement de 48% et de 16% sur un an.
Dans le cadre du protocole de Kyoto, les industries doivent aussi faire face à une réglementation de plus en plus contraignante concernant les émissions de gaz carbonique CO2.
De plus, dans un environnement géopolitique instable et de raréfaction des énergies fossiles, l’indépendance énergétique constitue un enjeu fondamental pour la pérennité des entreprises.
Dans ce contexte, l’exploitant recherchera un accompagnement dans l’analyse de ses consommations d’énergie pour les réduire et se tourner vers les énergies « dites » renouvelables : cette démarche s’intégrant totalement dans une politique de développement durable.
Résultats de l’audit énergie
Comme pour agir, il faut connaître, voici les informations et résultats issus de la réalisation d’un diagnostic énergies :
- Quantification des différentes consommations pour toutes les énergies disponibles sur le site (par activité, process, utilités etc),
- Hiérarchisation de ces consommations afin de déterminer les axes prioritaires d’actions,
- Préconisation des dispositions à mettre en place pour réduire les consommations,
- Analyse de la faisabilité de l’utilisation des énergies renouvelables,
- Evaluation des investissements à mettre en œuvre et des gains de consommations afférents,
- Calcul de la réduction des rejets de gaz à effet de serre (GES) engendrée par l’utilisation des énergies renouvelables,
- Intégration de ces données dans le Bilan Carbone.
Bénéfices de l’audit énergie
Voici quelques bénéfices obtenus par les industriels grâce à la réalisation d’un diagnostic énergie :
- Amélioration des performances des process,
- Gains sur les consommations d’énergie, mise à jour des connaissances internes en matière de consommation d’énergie des procédés, services connexes,
- Diminution et maîtrise des coûts énergétiques dans un contexte inflationniste,
- Intégration des énergies renouvelables dans les évolutions futures des procédés,
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de CO2.
Retours d’expérience et actu
Expertise technique pour la protection de l’environnement et l’utilisation rationnelle de l’énergie.
Christine Delahaye vous accompagne dans la quantification de vos émissions COV (Composés Organiques Volatils), de GES (gaz à effet de serre), de vos consommations d’énergie et dans la définition des solutions et équipements à mettre en œuvre pour les réduire, jusqu’à la mise en service sur site. Cette démarche s’inscrit dans une politique de Développement Durable.
- Signataire de la charte ADEME pour l’aide à la décision Énergie-Environnement dans le domaine de compétence AIR SOURCES FIXES (prédiagnostic, diagnostic, étude de faisabilité).
- Expert d’OSEO pour l’analyse des projets d’innovation en matière de dépollution soutenus par l’agence.
- Membre et formatrice de l’IFETS (Institut Français de l’Environnement et des Traitements de Surfaces).
- Membre des ECO ACTEURS du Val de Marne.
- Formatrice au CFDE (Centre de Formation et de Documentation sur l’Environnement).
- Garantie d’indépendance et d’objectivité. Aucune démarche commerciale n’est associée aux biens et services, objet des études réalisées.
S’il n’y a pas de progrès sans quantification, il n’y a pas non plus de progrès sans action.